L’accouchement d’une photographe

maman à la maternité

Au sens figuré comme au sens propre. Parce que j’ai décidé de me lancer à mon compte dans la photographie, enceinte de 6 mois et parce que la première chose que j’ai emporté dans la voiture, entre deux contractions, c’est mon appareil photo. Je vous raconte…

J’ai décidé de devenir photographe portraitiste

Je me suis levée un matin et j’ai décidé de devenir photographe nourrisson, enfant, grossesse. Vous trouvez ça gros ? C’est à peine exagéré. Evidemment en tant qu’infographiste, j’avais de bonnes bases. Si j’avais été dans le commerce par exemple, je ne me serai pas lancé si vite, parce que mine de rien, c’est du boulot quand on ne connait pas la photographie et ces ramifications.

Mon objectif premier? Photographier mon bébé. J’avais pris une chambre particulière à la maternité rien que pour ça. Ai-je beaucoup photographié ? Non.

Les jeunes mamans me comprendront, j’ai eu beau en être à mon quatrième enfant, j’ai eu tendance à sous-estimer l’arrivé de ce petit bébé. Et encore je suis loin du compte.

J’ai accouché un après-midi de septembre, vers 14h

Je pensais justement que j’allais arriver comme une fleur à l’hôpital, attendre 10h avant la pose de la péridurale, puis attendre tranquillement que mon petit garçon se décide à sortir « poussez, poussez, hop hop hop, c’est un garçon, merci et au revoir ». Ça s’est toujours passé comme ça, pourquoi en serait-il autrement ?

J’ai dû oublier mes certitudes. Je pensais accoucher trois semaines plus tôt, comme pour ma fille, que nenni. Je suis arrivée à terme. J’ai marché, monté les escaliers, briqué la maison, rien n’y fit. J’avais même mis la valise dans la voiture… On en reparle de la valise…

Ce matin-là je prenais mon café avec les amis comme chaque matin. Je ressentis quelques contractions, mais c’est en me levant de table qu’elles se sont accentuées. Je descendis avec ma copine à la boulangerie pour acheter une part de pizza (normal) et c’est en remontant que je me suis faite une réflexion complètement à côté de la plaque « Je contracte bien quand même, je pense que cet après-midi je vais demander à Pascal de m’emmener à la mater pour un contrôle vite fait. »

Arrivée à la maison, je tenais à peine debout. Je montais prendre une douche, laissant Audrey devant son café, complètement désappointée. A plusieurs reprises je l’entends me dire « faudrait peut-être appeler ton homme » mais je ne réagis pas vraiment, jusqu’à son départ pour l’école à 11h20. J’allais quand même pas rester toute seule dans cet état ! J’ai toqué chez la voisine, réclamant sa compagnie. J’ai su plus tard qu’elle me voyait déjà accoucher sur son beau tapis gris.

Nous avions fini par appeler le futur papa, mais il était en livraison (il vend du bois) ce qui est drôle c’est qu’il n’était pas partie en livraison depuis plusieurs mois à cause de ces problèmes de dos. Je ne sais pas à quelle vitesse il a roulé, mais il est arrivé en 30 minutes chrono devant la maison.

Ce qui est marrant aussi, c’est que la voiture dans laquelle se trouvait ma valise a été mené au garage pour le contrôle technique. Ce qui l’est encore plus, c’est que la nationale qui mène à Aix en Provence était en travaux depuis…  ce matin. 5 km de perturbation à 30km/h, ça vous parle ?

Nous sommes arrivés un peu comme on a pu, sans valise, et moi, au bord de l’explosion.

Je fus vite prise en charge par les sages-femmes, col ouvert à 4. On a perdu mon dossier, il a fallu refaire les examens pour la pose de la péridurale. Sauf qu’une heure plus tard à peine mon col était ouvert à 9 et que ça commençait à sérieusement pousser. J’ai cru mourir ! Je poussais sans pouvoir retenir quoi que ce soit, et en quinze minutes montre en main, bébé était dans mes bras. J’ai brisé au passage les tympans du personnel hospitalier et de mon homme. J’imagine la tête des futures mamans dans les salles à côté…

Comment j’ai géré les contractions

L’équipe médicale fut exceptionnelle. Je n’avais jamais accouché sans péridurale… J’ai pourtant toujours voulu le faire, mais je manquais de courage. J’avoue qu’au départ, j’étais complètement paniquée et je ne gérais rien du tout. La sage-femme est venue me voir et s’est posée à côté de moi. Elle m’a appris à respirer. Ça parait complètement fou, mais je ne savais pas respirer pendant les contractions. Il fallait prendre de grandes inspirations, expirer très longtemps, puis réitérer jusqu’à la fin pour accompagner la douleur. Et ça marche !

C’est le plus intense des accouchements que j’ai pu avoir.  Je n’avais rien prémédité, je suis passée par toutes les émotions possibles, mais surtout, ce qui m’a conforté dans ma motivation à devenir photographe, c’est que malgré tout, dans cette effervescence totale, j’avais pris mon appareil photo avant même de penser que je n’avais même pas ma valise…

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